Chorale urbano-ornithologique.

A 07h30 le mercredi, la ville somnole encore.
Et tandis qu’on conduit tranquillement sa sœur au collège, à travers des rues désertes, les carreaux ouverts, Classic 21 diffuse en sourdine un morceau de Bob Dylan.

C’est cool d’entendre les oiseaux avec cette petite musique.

Et cool de constater qu’ils n’ont pas tous disparu, ni les volatiles, ni les mélomanes capables d’apprécier leur chant.

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Terreur du ring.

Non contente de briser les stéréotypes de son genre avec sa moyenne en math, elle s’illustre apparemment aussi en EPS, et ce alors que la discipline du moment se trouve être la lutte.
Néanmoins le changement de groupe qu’elle a obtenu, après avoir aplati toutes les nénettes de sa classe, lui laisse un goût amer :

Y a deux garçons que j’ai pas réussi à battre ; j’ai perdu cinq à sept…

Voilà que je me surprends en train de lui chercher un surnom de catcheuse.

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Virtuelle intimité.

Notre petit rituel vespéral (me lire une fiche Wikipédia tandis que je me tape la vaisselle) la conduit à la rubrique « vie privée » de la personnalité à laquelle elle a choisi de s’intéresser ce soir :

Mouarf ! Mais Frérot, si tu l’écris sur Internet, c’est plus une vie privée !

Un peu de bon sens vaut mieux qu’un Règlement Général sur la Protection des Données ?

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Bloquer « OnlyFans » d’urgence.

Je dois avouer que ça m’agace toujours, de la voir prélever des fringues sur le tancarville…

Tu vas me dire que t’as déjà plus de culottes, là-haut ?

Bah ouais.

C’est pas possible, t’en as laissées chez ta mère…

Nan, je les vends !

Imaginant une seconde qu’il pourrait s’agir d’une confession, j’hésite entre la féliciter pour son esprit d’entreprise, ou m’effondrer face à sa dépravation.

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Fatale flatulence.

L’exercice intrusion/attentat du jour ne s’est pas passé comme prévu :

J’étais caché sous la bibliothèque, mais là, j’ai pas pu me retenir de péter ! Et toute la classe a éclaté de rire juste quand la directrice passait ; du coup on s’est fait engueuler parce que normalement on doit garder le silence…

Je ne sais pas s’il mesure, en cas d’attaque réelle, le Darwin Award que ça lui vaudrait.

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Souverain en mon royaume.

Absorbée par sa fiche Wikipédia, elle s’étonne d’apprendre que Poutine se maintient depuis plus de vingt ans au pouvoir, en étant systématiquement élu dès le premier tour avec des scores de dictateurs africains :

Nan mais, y a triche, c’est obligé !

Ce à quoi je ne peux m’empêcher de lui faire remarquer qu’ici, étant le seul en âge de voter, j’ai été nommé d’emblée chef de la maison avec cent pour cent des suffrages.
En matière de tyrannie, mon foyer est pire que la Russie.

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Pauvre pécheresse.

Le temps de la digestion, la messe du jeudi midi tient lieu de divertissement.
Elle n’hésite pas à y entraîner une poignée de ses camarades, pas toutes baptisées non plus.

Et la prochaine étape, c’est quoi ? Tu comptes te confesser ?

Qu’est-ce que c’est que ça, encore !?

Bah, toi et le cureton vous vous enfermez chacun dans un placard voisin, pis là via une ‘tite trappe tu lui avoues toutes tes bêtises.

C’est mort ! Déjà y en a trop ; comment veux-tu que je m’en souvienne ?

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